Michel VALETTE-ROSSI - Psychologue Hypnothérapeute EMDR - Lyon - Addictologue - Psychologue hypnose - EMDR Lyon
TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE (TCA)

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont un trouble psyc complexe, présentant souvent des comorbidités multiples, et autres événements de vie qui les sous-tendent :maltraitances sous différentes formes, troubles de l'attachement, abus, etc.

Ainsi, au cabinet, je suis confronté à l'éminemment complexe prise en charge des TCA, davantage, me concernant, dans leur déclinaison hyperphagie alimentaire et autres  troubles de l'alimentation, et l'ingestion alimentaire, spécifiés ou non spécifiés, que, dans une moindre mesure, la  boulimie nerveuse,  et très anecdotiquement l'anorexie, rejoignant en cela les prévalences de la littérature (Population française : anorexie nerveuse, 1,5% des femmes de 15-35 ans ; boulimie nerveuse, 3 à 4 % des femmes de 15-35 ans ; hyperphagie boulimique, 6 à 8% des 15-55 ans).

Un peu de théorie - Définitions

Je vais les aborder sous l'angle du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le  DSM-V, dernière édition sortie en 2013, et non de la Classification internationale des maladies, la CIM 10, dont la version 11 n'est pas, à l'heure qu'il est, aboutie.
 
Le DSM-V a apporté quelques modifications par rapport à la version  IV (1994). Les TCA, deviennent  les troubles de l’alimentation et des conduites alimentaires et sont classés en sept catégories, se déclinant chacune par un certain nombre de critères spécifiques : pica, mérycisme, alimentation sélective, anorexie nerveuse, boulimie nerveuse, hyperphagie, autres troubles spécifiés (atypies, Purging disorder, Night Eating syndrome), et non spécifiés (Unspecified Feeding or Eating Disorder) anciennement EDNOS (eating disorders no specified otherwise).
 
I - L'anorexie mentale, qui se définit par :
A. Restrictions énergétiques menant à un poids inférieur au poids normal pour le sexe, l’âge et la taille
B. Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros
C. Altération de la perception du poids et du corps avec influence sur l’estime de soi et déni de la gravité de la maigreur actuelle.
 
Il y a deux types, restrictif pur et  type avec crise de boulimie avec vomissements et/ou purgatifs.
 
NB : l'aménorrhée, ne fait plus partie des critères DSM V, car il y a '"présence de cas avec activité menstruelle ponctuelle. Critère difficilement applicable aux jeunes filles avant leurs premières règles, aux femmes avec une contraception orale ou post-ménopausées et aux hommes. Il est cependant relevé que les femmes en aménorrhée présentent un état osseux en moins bonne santé que les femmes qui ne répondent pas à ce critère".
 
II - La boulimie nerveuse, qui se définit par :
La crise de boulimie est un critère que l’on retrouve à la fois dans le diagnostic d’anorexie mentale et à la fois dans celui de boulimie ou d’hyperphagie boulimique.
 
Le mot vient du latin, qui signifie, "famés bovilla", c'est-à-dire  la fin de bœuf,  se laisser aller. En 1959 aux Etats Unis, Stunkard décrit le chez les sujets obèses un trouble des conduites alimentaires nommé plus tard par Spitzer (1992) le "Binge Eating Disorder", les fringales ou les hyperphagies boulimiques. Malgré leurs particularités respectives, l’anorexie mentale et la boulimie partagent certains symptômes (les crises de boulimie), sauf que : les épisodes boulimiques ne sont pas suivis de comportements compensatoires. Est devenu un critère diagnostique en 1992.
 
A. Survenue récurrente de crises, la crise correspondant à une absorption importante de nourriture, en un temps limité et accompagnée d'un sentiment de perte de contrôle
B. Comportements compensatoires visant à prévenir la prise de poids (vomissements, laxatifs, jeûne, activité physique …)
C. Crises et comportements compensatoires surviennent au moins une fois par semaine sur une période de trois mois (contre deux fois par semaine dans le DSM-IV)
D. Estime de soi influencée par le poids et la silhouette
E. Le trouble peut apparaître même sans épisode d’anorexie mentale
 

NB : Les sous-types, type avec vomissements ou prise de purgatifs  et type sans vomissements ni purgatifs mais avec d’autres stratégies de contrôle du poids (jeûne, activité physique)  qui étaient présents dans le DSM IV ont été supprimés dans la version V.
 
III - L' hyperphagie alimentaire (BED, binge eating disorder)

C'est ce TCA là qui représente l'essentiel de mes consultations en la matière.

A. Survenue récurrente de crises de boulimie avec sentiment de perte de contrôle
B. Les crises sont associées à au moins 3 des critères suivants :
• Prise alimentaire extrêmement rapide et bien supérieure à la normale
• Mange jusqu'à ressentir une distension abdominale inconfortable
• Mange de grandes quantités de nourriture sans sensation de faim
• Mange seul car se sent gêné de manger une telle quantité de nourriture
• Après les crises, ressent dégoût de soi, dépression ou grande culpabilité
C. Comportement boulimique source de souffrance marquée.
D. Comportement boulimique au moins une fois par semaine sur une période de trois mois
E. Le comportement boulimique n’est pas associé à des comportements compensatoires inappropriés et n’intervient pas exclusivement au cours de l’anorexie ou de la boulimie
 
NB : L’hyperphagie boulimique (BED, Binge Eating Disorder) sort du groupe des EDNOS et devient un critère diagnostique à part entière.
 
Au niveau du diagnostic différentiel, nous avons : crises + comportements compensatoires + surpoids ou obésité = boulimie et non hyperphagie boulimique ; Crises rares + obésité = obésité et non hyperphagie boulimique ou boulimie. Ce n’est pas un trouble des conduites alimentaires ; crises + poids normal sans comportements compensatoires = hyperphagie boulimique et non boulimie ; crises + comportements compensatoires + indice de masse corporelle constamment < 17,5 = anorexie ; Crises + comportements compensatoires + indice de masse corporelle revenu au-dessus de 17,5 : boulimie et/ou anorexie en rémission (en fonction des données cliniques associées). Le "BED", distingué par les anglo-saxons, se caractérise principalement par l'absence de comportements visant à compenser les prises excessives de nourriture. La distinction se fait surtout à cause des critères de morbidité à long terme, car sa principale conséquence est une prise de poids importante, voire une obésité. De plus, les stéréotypes véhiculés dans les sociétés occidentales à l’égard des personnes obèses sont susceptibles d’occasionner une sévère détresse émotionnelle, un appauvrissement de l’estime de soi et un sentiment de résignation chez les individus concernés. D'ailleurs, certains obèses ne font que des rencontres sociales autour de la nourriture (cf. définition addiction, où rencontre de l'autre pour manger et non pas l'inverse).

Selon Spitzer (Spitzer et al., 1992), dans la population obèse qui se présente en traitement, entre 25% et 50% font des accès boulimiques. Comparés aux obèses non  boulimiques, les obèses boulimiques (Wilson et al., 1993), se disent plus préoccupés par la nourriture, se sentent moins aptes à contrôler leur alimentation, sont plus insatisfaits de leur poids et de leur apparence physique
 
IV - les autres troubles alimentaires
Ils  rassemblent un certain nombre de symptômes alimentaires n'appartenant par aux catégories précédemment décrites, mais tout en ayant néanmoins des conséquencespsychiques, psychiques, familiales et sociales et professionnelles.
 
Les troubles des conduites alimentaires et de l'ingestion d'aliments PICA et MERYCISME. Le premier qui correspond  à une ingestion répétée de substances non nutritives, et non comestibles (papier, plâtre, etc.) et le second, qui correspond à une régurgitation répétée de nourriture, qui remâchée, ravalée, recrachée, ou pas sont des troubles à part entière et sorte et sortent des troubles de l'alimentation de l'enfance (DSM-IV).
 
Trouble d’alimentation sélective et/ou d’évitement, les NED : night eating disorder/syndrome, les Unspecified Feeding or Eating Disorder, l' hyperphagie prandiale, les grignotage.
 

Finalement, la compréhension des TCA n'est-elle pas la même, la différence sa faisant "juste" au niveau du corps ? C'est sur un continuum cette psychopathologie des patients boulimiques, boulimiques obèses, poids normal ou anorexique-boulimiques, ça touche le même point. 


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